Vous rêvez de quitter votre poste de chargé de recrutement ou de consultant en cabinet pour voler de vos propres ailes ? Vous n’êtes pas seul. En 2026, on estime à plus de 6 000 le nombre de recruteurs indépendants en France — ils étaient quelques dizaines en 2018.
Je m’appelle Yann, je suis recruteur indépendant depuis plus de 15 ans, spécialisé en logistique, supply chain et industrie. J’ai fondé mon cabinet Amalo, placé des centaines de profils, traversé des crises économiques, et je continue à recruter chaque semaine. Ce guide, c’est tout ce que j’aurais aimé savoir avant de me lancer — sans les discours marketing et les promesses irréalistes.
On va parler concret : combien vous pouvez vraiment gagner, quel statut choisir, comment trouver vos premiers clients, quels outils utiliser, et surtout les erreurs qui tuent une activité de recruteur freelance avant même qu’elle ne décolle.
Recruteur indépendant : de quoi parle-t-on exactement ?
Un recruteur indépendant est un professionnel du recrutement qui travaille à son compte, sans lien de subordination avec une entreprise. Il intervient pour le compte de clients (entreprises, startups, PME, ETI, grands groupes) afin de les aider à trouver et recruter les bons profils.
Contrairement au recruteur interne (salarié d’une entreprise) ou au consultant en cabinet (salarié d’un cabinet de recrutement), le recruteur freelance choisit ses missions, ses clients, ses tarifs et son rythme de travail.
Concrètement, vos missions en tant que recruteur indépendant peuvent inclure :
- L’analyse du besoin : comprendre le poste, le contexte, la culture d’entreprise et les attentes réelles du hiring manager (pas juste la fiche de poste).
- Le sourcing : identifier et approcher les candidats, principalement via LinkedIn, les CVthèques et votre réseau.
- La présélection : qualifier les profils par téléphone ou visio, évaluer les compétences techniques et les soft skills.
- La présentation des candidats : rédiger des synthèses argumentées pour vos clients.
- L’accompagnement du process : coordonner les entretiens, débriefer, négocier les conditions d’embauche.
- Le suivi d’intégration : s’assurer que le candidat s’intègre bien (et que votre garantie ne saute pas).
Certains recruteurs indépendants se spécialisent sur une ou deux étapes (sourcing pur, par exemple), tandis que d’autres prennent en charge l’intégralité du processus. C’est l’un des avantages du statut : vous construisez votre offre sur mesure.
Mon conseil : Ne vous vendez pas comme un « faiseur de CV » ou un « diffuseur d’annonces ». Votre valeur ajoutée, c’est votre capacité à comprendre un besoin, à identifier les bons profils là où les clients ne savent pas chercher, et à convaincre des candidats en poste de bouger. C’est ça que les entreprises achètent.
Pourquoi devenir recruteur indépendant en 2026 ?
Le marché est porteur, c’est un fait. Mais au-delà des chiffres, il y a des raisons très concrètes qui poussent de plus en plus de recruteurs à se lancer en freelance.
Un marché du recrutement sous tension permanente
Les entreprises françaises rencontrent des difficultés structurelles à recruter. Selon les données de la DARES, plus de la moitié des projets de recrutement sont jugés « difficiles » par les employeurs en 2025. Cette tension est encore plus forte dans certains secteurs : l’industrie, la logistique, la cybersécurité, le BTP ou l’informatique.
Résultat : les entreprises externalisent de plus en plus leur recrutement. On estime qu’environ 30 % des recrutements sont aujourd’hui confiés à des prestataires externes en France — contre 70 % aux États-Unis. La marge de progression est énorme.
La liberté (la vraie)
C’est l’argument numéro un des recruteurs qui sautent le pas, et c’est aussi le mien. Quand vous êtes recruteur indépendant :
- Vous choisissez vos clients (fini de travailler pour des entreprises dont les valeurs ne vous correspondent pas).
- Vous choisissez vos missions (vous pouvez refuser un poste si le brief est flou ou si le client ne vous inspire pas confiance).
- Vous gérez votre emploi du temps (travailler à 6h du matin ou à 22h, c’est votre choix).
- Vous pouvez travailler de n’importe où (un recruteur, un ordinateur, une connexion internet — c’est tout ce qu’il faut).
Un potentiel de revenus supérieur au salariat
Un chargé de recrutement salarié gagne entre 28 000 et 40 000 € brut par an. Un consultant en cabinet senior tourne autour de 45 000 à 65 000 € brut avec variable. En tant que recruteur indépendant, votre chiffre d’affaires potentiel est bien plus élevé — mais attention, il y a un « mais » (on en parle juste après).
Les inconvénients à ne pas sous-estimer
Soyons honnêtes, parce que personne ne le dit assez :
L’irrégularité des revenus est le premier choc. Certains mois vous encaissez 8 000 €, d’autres rien du tout. Les deux ou trois premiers mois sont souvent à zéro revenu si vous travaillez au succès. Il faut avoir la trésorerie — et le mental — pour tenir.
La solitude est réelle. Plus de collègues pour débriefer un entretien compliqué, plus de machine à café, plus de brainstorming d’équipe. C’est un vrai sujet, surtout si vous venez d’un cabinet avec une équipe soudée.
La prospection commerciale ne s’arrête jamais. Même quand vous êtes plein de missions, vous devez continuer à prospecter pour la suite. C’est la partie que beaucoup de recruteurs détestent — et c’est aussi celle qui fait la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui abandonnent au bout d’un an.
L’administratif prend du temps : facturation, relances clients, comptabilité, déclarations, gestion de la trésorerie. Ce n’est pas insurmontable, mais il faut l’anticiper.

Recruteur indépendant : combien peut-on gagner ?
C’est LA question que tout le monde se pose. Voici des chiffres réalistes, pas ceux des brochures marketing.
Les différents modèles de facturation
En tant que recruteur indépendant, vous avez principalement trois façons de vous rémunérer :
Le recrutement au succès : vous facturez un pourcentage du salaire brut annuel du candidat recruté, généralement entre 15 % et 25 %. Vous ne touchez rien si la mission n’aboutit pas. C’est le modèle le plus risqué, mais aussi le plus rémunérateur sur les postes à haute rémunération.
Exemple concret : Vous placez un responsable logistique à 55 000 € brut annuel avec un taux de 18 %. Votre honoraire : 9 900 € HT. Pour un directeur supply chain à 90 000 €, ça monte à 16 200 € HT.
Le TJM (Tarif Journalier Moyen) : vous facturez à la journée, généralement pour des missions de type RPO (Recruitment Process Outsourcing) ou sourcing intensif. Les TJM des recruteurs indépendants varient entre 350 € et 700 € selon l’expérience et la spécialisation.
Le forfait : vous négociez un prix fixe pour une mission définie (par exemple, 5 000 € pour le recrutement d’un profil cadre, quelle que soit la durée).
Les revenus réalistes par palier d’expérience
| Profil | CA annuel moyen | Revenu net estimé* |
|---|---|---|
| Débutant (année 1) | 30 000 – 50 000 € | 18 000 – 30 000 € |
| Confirmé (2-3 ans) | 60 000 – 100 000 € | 36 000 – 60 000 € |
| Expert spécialisé (5+ ans) | 100 000 – 180 000 € | 60 000 – 100 000 € |
| Top performer (niche premium) | 180 000 €+ | 100 000 €+ |
*Estimation après charges sociales, impôts et frais professionnels. Varie selon le statut juridique.
Attention : ces chiffres supposent que vous travaillez à temps plein et que vous êtes efficace commercialement. La réalité de la première année, c’est souvent 2-3 placements au succès (si tout va bien) et beaucoup de temps passé à prospecter sans résultat immédiat.
Ce que je dis toujours aux gens qui veulent se lancer : ayez au minimum 6 mois de trésorerie d’avance. 9 mois, c’est mieux. La première année est rarement rentable, et c’est normal.
Quel statut juridique choisir ?
Le choix du statut est crucial et dépend de votre situation personnelle, de votre chiffre d’affaires prévisionnel et de vos objectifs à moyen terme.
La micro-entreprise (auto-entrepreneur)
C’est le statut le plus simple pour démarrer. Vous vous inscrivez en ligne en quelques minutes, la gestion comptable est minimale, et les charges sociales sont proportionnelles à votre chiffre d’affaires (environ 21,2 % pour les prestations de service).
Les avantages :
- Création ultra rapide et gratuite
- Comptabilité simplifiée (livre de recettes)
- Charges sociales uniquement sur le CA encaissé (pas de CA = pas de charges)
- Possibilité de cumuler avec un emploi salarié (pour tester avant de tout lâcher)
Les limites :
- Plafond de CA à 77 700 € HT par an (en 2026)
- Pas de déduction des charges professionnelles
- Image parfois perçue comme « moins sérieuse » par certains clients
- TVA non applicable en dessous du seuil (avantage ou inconvénient selon vos clients)
Idéal pour : tester l’activité en parallèle d’un emploi salarié, ou pour une première année de lancement.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
C’est le statut que je recommande dès que votre activité dépasse les 50 000 € de CA annuel.
Les avantages :
- Pas de plafond de chiffre d’affaires
- Déduction de toutes les charges professionnelles (outils, déplacements, repas clients, etc.)
- Crédibilité renforcée auprès des clients grands comptes
- Protection du patrimoine personnel
- Possibilité de se verser des dividendes (moins taxés que les salaires au-delà d’un certain seuil)
Les limites :
- Frais de création (environ 300-500 €)
- Comptabilité obligatoire avec un expert-comptable (1 500 à 3 000 €/an)
- Cotisations sociales plus élevées sur les salaires versés
L’EURL
Similaire à la SASU mais avec un régime social de travailleur non salarié (TNS). Cotisations sociales plus faibles mais couverture sociale moindre.
Le portage salarial
Le portage salarial est une solution intermédiaire : vous restez « salarié » d’une société de portage qui gère l’administratif (facturation, comptabilité, contrats) en échange d’une commission (généralement 5 à 10 % de votre CA).
Les avantages :
- Zéro administratif
- Couverture sociale complète (chômage, retraite, mutuelle)
- Possibilité de démarrer immédiatement
Les limites :
- Coût élevé (vous perdez 8 à 15 % de votre CA en frais de gestion + charges salariales)
- Moins de liberté dans la gestion de votre activité
- Dépendance à la société de portage
Idéal pour : les profils qui ne veulent absolument pas s’occuper d’administratif, ou ceux qui veulent conserver des droits au chômage pendant la montée en puissance de leur activité.
Mon avis tranché
Commencez en micro-entreprise pour tester. Dès que vous dépassez 40-50K de CA, passez en SASU. Le portage salarial est une bonne solution de transition mais qui coûte cher à long terme. Ne restez pas en micro-entreprise au-delà de 2 ans si votre activité marche — vous perdez de l’argent en ne déduisant pas vos charges.
Les compétences indispensables (et celles qu’on vous cache)
Tout le monde vous parlera de « compétences en sourcing » et de « qualités relationnelles ». C’est vrai, mais c’est très insuffisant. Voici les compétences qui font vraiment la différence.
Les compétences métier
Le sourcing avancé : savoir utiliser LinkedIn Recruiter (ou ses alternatives), maîtriser les opérateurs booléens, exploiter les CVthèques (APEC, Indeed, Monster), utiliser des outils de scraping pour constituer vos listes. Le sourcing, c’est 60 % du métier.
L’évaluation des candidats : savoir mener un entretien structuré, poser les bonnes questions, détecter les incohérences dans un parcours, évaluer les soft skills. C’est ici que votre expérience fait toute la différence face aux recruteurs débutants.
La connaissance sectorielle : c’est mon avantage principal. Après 15 ans dans la logistique et l’industrie, je connais les métiers, les salaires, les parcours types, les entreprises qui recrutent et celles d’où partent les candidats. Cette expertise sectorielle, ça ne s’invente pas — et c’est ce qui justifie vos honoraires face à un cabinet généraliste.
Les compétences business (les plus importantes)
La vente et la prospection : c’est là que la majorité des recruteurs indépendants échouent. Vous n’êtes plus seulement un recruteur, vous êtes un chef d’entreprise qui doit trouver ses clients. Prospection LinkedIn, cold calling, networking, recommandations — il faut maîtriser au moins 2-3 de ces canaux.
La négociation commerciale : savoir défendre vos tarifs, négocier les conditions de mission (exclusivité, acompte, garantie de remplacement), gérer les clients qui essaient de rogner sur les honoraires.
Le personal branding : en 2026, votre présence LinkedIn est votre meilleure vitrine. Publier du contenu régulier, commenter dans votre niche, partager vos retours d’expérience — c’est le meilleur canal d’acquisition gratuit.
La compétence secrète : la résilience
On n’en parle jamais dans les guides, mais c’est la compétence numéro un. Vous allez perdre des missions au dernier moment. Des candidats vont se désister après avoir accepté une offre. Des clients vont « ghoster » vos relances. Des process vont traîner pendant 4 mois pour se terminer par un « finalement, on recrute en interne ».
Ceux qui réussissent sont ceux qui encaissent ces coups sans se décourager et qui continuent à prospecter, sourcer et placer. C’est aussi simple — et aussi dur — que ça.
Comment trouver vos premiers clients : la méthode pas à pas
C’est le nerf de la guerre. Voici la méthode que je recommande, dans l’ordre.
Étape 1 : Définir votre positionnement
Avant de prospecter, vous devez répondre à trois questions :
- Quel type de postes recrutez-vous ? (cadres, techniciens, dirigeants, profils IT, ouvriers qualifiés ?)
- Dans quel secteur ? (logistique, industrie, tech, santé, finance ?)
- Pour quel type de clients ? (startups, PME, ETI, grands groupes ?)
Plus votre positionnement est précis, plus vous serez crédible et plus il sera facile de prospecter. Un « recruteur indépendant spécialisé dans les profils supply chain pour les ETI industrielles » a une proposition de valeur claire. Un « recruteur indépendant qui recrute tout pour tout le monde » n’en a aucune.
Étape 2 : Activer votre réseau existant
Vos premiers clients viendront de votre réseau professionnel — c’est presque toujours le cas. Contactez :
- Vos anciens collègues passés dans d’autres entreprises
- Les DRH et managers que vous avez côtoyés dans vos précédents postes
- Vos contacts LinkedIn dans votre secteur
- Les entreprises pour lesquelles vous avez déjà recruté (en tant que salarié)
Le message est simple : « Je me lance en indépendant, je me spécialise dans [votre niche]. Si tu as des besoins en recrutement ou si tu connais quelqu’un qui en a, je serais ravi d’en discuter. »

Étape 3 : Prospecter sur LinkedIn
LinkedIn est le terrain de jeu numéro un des recruteurs indépendants. Voici une approche qui fonctionne :
- Optimisez votre profil : votre titre doit être clair (« Recruteur indépendant | Spécialiste [secteur] | Je vous aide à recruter les profils que vous ne trouvez pas »).
- Publiez du contenu 2 à 3 fois par semaine : retours d’expérience, conseils RH, tendances du marché, anecdotes de missions (anonymisées). L’objectif : être visible et crédible.
- Connectez-vous avec vos prospects cibles (DRH, directeurs opérationnels, dirigeants de PME dans votre secteur).
- Engagez avant de vendre : commentez leurs posts, réagissez à leurs actualités, apportez de la valeur avant de proposer vos services.
- Utilisez un outil d’automatisation comme Waalaxy pour industrialiser votre prospection (sans tomber dans le spam).
Étape 4 : Rejoindre des plateformes et collectifs
Plusieurs plateformes mettent en relation des recruteurs indépendants avec des entreprises qui ont des besoins :
- Hunteed : place de marché où les entreprises postent des missions de recrutement
- Achil : collectif de recruteurs indépendants avec accompagnement et formation
- Malt : plateforme de freelances généraliste, mais avec une catégorie RH/recrutement
- Réseaux locaux : CCI, clubs d’entrepreneurs, réseaux de dirigeants
Ces plateformes ne remplaceront pas votre prospection directe, mais elles peuvent apporter des missions complémentaires, surtout au démarrage.
Étape 5 : Construire votre machine à leads
À moyen terme, votre objectif est de ne plus dépendre uniquement de la prospection active. Pour cela, développez :
- Un site web professionnel avec du contenu qui attire du trafic (articles de blog, guides, études de cas)
- Une newsletter qui maintient le lien avec vos prospects et clients
- Des recommandations systématiques : à chaque mission réussie, demandez à votre client de vous recommander à 2-3 contacts
- Une présence sectorielle : interventions en conférences, podcasts, webinaires dans votre niche
Les outils indispensables du recruteur indépendant
Vous n’avez pas besoin de 50 outils. Voici le kit essentiel, testé et approuvé.
Pour le sourcing
- LinkedIn Recruiter Lite (~140 €/mois) : indispensable pour les recherches avancées et l’approche de candidats. C’est votre outil de travail principal.
- CVthèques : APEC (gratuit pour les recruteurs), Indeed CV (abonnement), Monster (abonnement)
- Alternatives à LinkedIn Recruiter : des outils comme Kaspr ou Lusha pour trouver les coordonnées directes des candidats
Pour le suivi des candidatures (ATS)
Un ATS (Applicant Tracking System) est essentiel dès que vous gérez plus de 3-4 missions en parallèle :
- Notion (gratuit/freemium) : pas un ATS à proprement parler, mais très flexible pour créer votre propre système de suivi
- Folk : CRM léger et élégant, bien adapté aux recruteurs indépendants
- Flatchr : ATS français avec une bonne interface
- Un simple tableur pour commencer — honnêtement, un Google Sheet bien structuré fait le job les premiers mois
Pour la prospection
- Waalaxy : automatisation de la prospection LinkedIn (envoi d’invitations, séquences de messages)
- Pharow ou Sales Navigator : pour identifier et cibler vos prospects
Pour l’administratif
- Pennylane ou Tiime : comptabilité en ligne, facile à prendre en main
- Henrri (gratuit) : facturation
- Calendly : prise de rendez-vous en ligne
- Google Workspace : email professionnel, Drive, Meet
Mon conseil : au démarrage, n’investissez pas plus de 200-300 €/mois en outils. LinkedIn Recruiter Lite + un CRM gratuit + Calendly, c’est largement suffisant pour vos 6 premiers mois.
Les erreurs qui tuent une activité de recruteur freelance
J’en ai vu beaucoup, et j’en ai commis certaines moi-même. Les voici, dans l’ordre de gravité.
Erreur n°1 : Se lancer sans trésorerie
Le recrutement au succès, c’est 2 à 4 mois entre le moment où vous prenez une mission et le moment où vous encaissez les honoraires (si le recrutement aboutit). Ajoutez 30 à 60 jours de délai de paiement. Si vous n’avez pas de matelas financier, vous allez paniquer au bout de 3 mois et prendre de mauvaises décisions.
Erreur n°2 : Ne pas prospecter en continu
Le piège classique : vous décrochez 2-3 missions, vous vous y plongez à 100 %, vous arrêtez de prospecter. 3 mois plus tard, les missions sont terminées et votre pipeline commercial est vide. Il faut consacrer au minimum 20 % de votre temps à la prospection, même quand vous êtes chargé.
Erreur n°3 : Travailler sans acompte ni exclusivité
Beaucoup de recruteurs débutants acceptent des missions au succès, sans acompte, sans exclusivité, sur des postes où 3 autres cabinets travaillent en parallèle. C’est la recette pour travailler gratuitement. Négociez systématiquement : soit une exclusivité, soit un acompte (même symbolique : 500 à 1 000 €), soit un engagement de résultat du client (process de recrutement réactif, feedback sous 48h).
Erreur n°4 : Accepter toutes les missions
Dire oui à tout est tentant quand on débute. Mais recruter un profil hors de votre zone de compétence, c’est perdre du temps, de la crédibilité et potentiellement un client. Mieux vaut refuser une mission en recommandant un confrère que de la rater.

Erreur n°5 : Négliger son personal branding
En 2026, si vous n’existez pas sur LinkedIn, vous n’existez pas pour vos prospects. Publier régulièrement du contenu pertinent dans votre niche est le meilleur investissement marketing que vous puissiez faire — et c’est gratuit.
Se lancer concrètement : la checklist des 30 premiers jours
Pour terminer, voici ce que je recommande de faire dans vos 30 premiers jours en tant que recruteur indépendant :
Semaine 1 — Les fondations
- Créer votre statut juridique (micro-entreprise pour démarrer)
- Ouvrir un compte bancaire dédié
- Créer votre adresse email professionnelle
- Refondre votre profil LinkedIn
- Rédiger votre offre de services (1 page claire avec votre positionnement, vos prestations et vos tarifs)
Semaine 2 — Le lancement commercial
- Prévenir votre réseau de votre lancement
- Envoyer 50 messages de prise de contact personnalisés à vos anciens contacts professionnels
- Vous inscrire sur 2-3 plateformes de mise en relation (Hunteed, Malt)
- Publier votre premier post LinkedIn annonçant votre lancement
Semaine 3 — La mise en route opérationnelle
- Configurer vos outils (ATS, facturation, agenda)
- Commencer à prospecter des entreprises cibles (10-15 prises de contact par jour)
- Publier votre 2ème et 3ème post LinkedIn
- Prendre vos premiers rendez-vous prospects
Semaine 4 — L’accélération
- Continuer la prospection (l’objectif est d’avoir au moins 3-5 rendez-vous prospects par semaine)
- Décrocher votre première mission (ou au minimum être en short-list sur 2-3 briefs)
- Établir votre routine hebdomadaire : prospection le lundi matin, sourcing le reste de la semaine, publication LinkedIn le mardi et jeudi
- Faire le point sur ce qui marche et ajuster
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour devenir recruteur indépendant ? Légalement, aucun diplôme n’est requis pour exercer en tant que recruteur indépendant. C’est une profession non réglementée. En pratique, une formation en RH, en psychologie du travail ou en commerce est un plus. Mais c’est surtout votre expérience terrain qui fera la différence auprès de vos clients. J’ai croisé d’excellents recruteurs venant de la vente, de l’opérationnel ou même de l’ingénierie — leur connaissance métier est leur force.
Peut-on devenir recruteur indépendant sans expérience ? Techniquement oui, mais je le déconseille fortement. Le recrutement est un métier de réseau et de crédibilité. Sans expérience préalable en cabinet de recrutement ou en service RH, vous aurez énormément de mal à convaincre vos premiers clients et à évaluer correctement les candidats. Mon conseil : faites au moins 2-3 ans en cabinet ou en entreprise avant de vous lancer.
Combien de temps faut-il pour être rentable ? En moyenne, comptez 6 à 12 mois avant d’atteindre un rythme de croisière. Les 3 premiers mois sont généralement consacrés à la prospection et à la mise en place de votre activité. Les premiers placements arrivent entre le 3ème et le 6ème mois. La rentabilité réelle (revenus supérieurs à ce que vous gagniez en salariat) prend souvent 12 à 18 mois.
Peut-on cumuler un emploi salarié et une activité de recruteur indépendant ? Oui, sous certaines conditions. Vérifiez d’abord que votre contrat de travail ne contient pas de clause d’exclusivité ou de non-concurrence qui vous interdirait cette activité. Le statut de micro-entrepreneur est idéal pour un lancement en parallèle d’un CDI. Attention toutefois : le recrutement demande du temps et de la réactivité, il est difficile de le faire « à moitié ».
Faut-il se spécialiser ou rester généraliste ? Se spécialiser, sans hésitation. Un recruteur spécialisé dans un secteur ou un type de profils sera toujours préféré par un client à un recruteur généraliste. La spécialisation vous permet de développer un réseau de candidats qualifiés dans votre niche, de mieux comprendre les besoins de vos clients, et de justifier des honoraires plus élevés. Après 15 ans dans la logistique et l’industrie, je peux dire que ma spécialisation est mon meilleur atout commercial.
Quel chiffre d’affaires viser la première année ? Un objectif réaliste pour une première année à temps plein serait de 40 000 à 60 000 € de CA, ce qui correspond à 4-6 placements au succès sur des postes de cadres intermédiaires. Certains font mieux, beaucoup font moins. Ne vous comparez pas aux stories LinkedIn qui annoncent 100K la première année — ce sont des exceptions, pas la norme.
Pour aller plus loin
Si vous envisagez de vous lancer, voici d’autres ressources qui pourraient vous intéresser :
- Comment devenir recruteur indépendant ?
- Quelle différence entre promesse d’embauche et lettre d’engagement ?
- Avis Waalaxy : l’outil de prospection LinkedIn pour les recruteurs
Article rédigé par Yann, fondateur d’Amalo et recruteur indépendant depuis plus de 15 ans, spécialisé en logistique, supply chain et industrie. Ce guide est basé sur mon expérience personnelle et celle des dizaines de recruteurs que j’ai accompagnés ou côtoyés au fil des années.
