« Combien tu gagnes ? » c’est la première question qu’on me pose quand je dis que je suis recruteur indépendant depuis 15 ans. Et c’est normal : avant de quitter un CDI confortable, on veut savoir si ça vaut le coup financièrement.
Le problème, c’est que la plupart des articles sur le sujet vous donnent des fourchettes tellement larges qu’elles ne servent à rien (« entre 30 000 et 150 000 € »… merci, c’est précis). Dans cet article, je vais être beaucoup plus concret. Je vous donne les vrais chiffres : combien on facture, combien on garde selon le statut, combien on perd en missions ratées, et surtout ce que personne ne vous dit — le temps réel entre le travail fourni et l’argent qui rentre sur le compte.
Les 3 modèles de rémunération du recruteur indépendant
Avant de parler de chiffres, il faut comprendre comment un recruteur freelance génère son chiffre d’affaires. Il existe trois modèles principaux, et le choix que vous faites change radicalement votre niveau de revenus — et de stress.
1. Le recrutement au succès (commission)
C’est le modèle historique et encore le plus répandu chez les recruteurs indépendants. Le principe est simple : vous ne facturez que si le candidat que vous présentez est effectivement embauché par votre client.
Comment ça se calcule ? Vous facturez un pourcentage du salaire brut annuel du candidat recruté, généralement entre 15 % et 25 %. Le taux dépend du niveau du poste, de votre spécialisation et de votre pouvoir de négociation.
Voici les taux que j’observe dans la pratique :
| Niveau du poste | Taux moyen constaté | Exemple de salaire | Honoraires |
|---|---|---|---|
| Technicien / Agent de maîtrise | 12 % à 15 % | 32 000 € brut/an | 3 840 – 4 800 € |
| Cadre intermédiaire | 15 % à 20 % | 50 000 € brut/an | 7 500 – 10 000 € |
| Cadre supérieur / Manager | 18 % à 22 % | 70 000 € brut/an | 12 600 – 15 400 € |
| Directeur / C-Level | 20 % à 30 % | 100 000 € brut/an | 20 000 – 30 000 € |
Les avantages du succès : pas de limite de revenus, très rémunérateur sur les profils seniors, relation commerciale simple (« pas de résultat, pas de facture »).
Le piège : vous travaillez gratuitement sur toutes les missions qui n’aboutissent pas. Et croyez-moi, ça arrive souvent. Un client qui décide finalement de recruter en interne, un candidat qui se rétracte à la dernière minute, un process qui s’éternise pendant 4 mois avant d’être annulé… En moyenne, sur 10 missions prises au succès, 3 à 5 aboutissent à un placement. Le reste, c’est du temps investi pour zéro euro.
Mon expérience : sur mes premières années en indépendant, mon taux de transformation au succès tournait autour de 35-40 %. Avec l’expérience (meilleure sélection des missions, clients plus fiables, process mieux cadré), je suis monté à 50-60 %. Mais même à ce niveau, ça signifie que 40 % de mon temps de sourcing ne génère aucun revenu direct.
2. Le TJM (Tarif Journalier Moyen)
Avec le TJM, vous facturez à la journée travaillée, comme n’importe quel freelance. Ce modèle est principalement utilisé pour des missions de RPO (Recruitment Process Outsourcing), de sourcing pur ou d’accompagnement RH sur la durée.
Les TJM pratiqués en recrutement indépendant en 2025 :
| Profil | TJM moyen | Fourchette |
|---|---|---|
| Recruteur junior (1-3 ans) | 350 € | 250 – 450 € |
| Recruteur confirmé (3-7 ans) | 500 € | 400 – 600 € |
| Recruteur expert / spécialisé | 650 € | 550 – 800 € |
| Expert niche premium (IT, cybersécurité, C-Level) | 800 €+ | 700 – 1 200 € |
Les avantages du TJM : revenus prévisibles et réguliers, pas de risque de travailler « pour rien », trésorerie plus stable.
Le piège : votre revenu est plafonné par le nombre de jours que vous pouvez facturer. À 500 €/jour, 20 jours/mois, c’est 10 000 € de CA mensuel. Mais en réalité, vous ne facturez jamais 20 jours par mois — il y a la prospection, l’administratif, les congés, les jours creux entre deux missions. Un taux de facturation réaliste tourne entre 60 % et 75 % du temps.
3. Le forfait par mission
Le forfait consiste à fixer un prix global pour une mission de recrutement, quel que soit le temps passé. Par exemple : « Je vous recrute un responsable logistique pour 6 000 € HT, payable 50 % à la signature du contrat de mission et 50 % à l’embauche. »
Les forfaits courants :
| Type de poste | Forfait moyen |
|---|---|
| Profil employé / technicien | 2 000 – 4 000 € |
| Cadre intermédiaire | 4 000 – 7 000 € |
| Cadre supérieur / direction | 7 000 – 12 000 € |
Les avantages : vous encaissez un acompte (sécurité de trésorerie), le client sait exactement ce qu’il va payer (pas de mauvaise surprise), et si vous êtes rapide, votre taux horaire effectif est excellent.
Mon conseil : combinez les modèles. Personnellement, je travaille principalement au succès sur les postes de cadres, mais je négocie systématiquement un acompte (entre 1 000 et 2 500 €) non remboursable. Cela filtre les clients qui ne sont pas sérieux et sécurise un minimum de trésorerie. Pour les missions de volume ou de sourcing, je passe en TJM.

Combien gagne réellement un recruteur indépendant ? Les vrais chiffres
Maintenant, passons aux chiffres concrets. J’ai compilé les données de mon expérience personnelle, de celles des recruteurs de mon réseau, et des informations publiques (baromètre Achil, données Malt, études Hunteed) pour vous donner les estimations les plus réalistes possibles.
Scénario 1 — Le débutant prudent (année 1)
Profil : ancien chargé de recrutement en cabinet, 3 ans d’expérience, se lance en micro-entreprise à temps plein.
- 8 missions prises au succès dans l’année
- 3 placements réussis (taux de transformation 37 %)
- Postes de cadres intermédiaires (salaire moyen 48 000 €, taux 17 %)
- Honoraire moyen par placement : 8 160 €
Chiffre d’affaires annuel : 24 480 €
Après charges micro-entreprise (21,2 %) : 19 291 € net avant impôt sur le revenu
C’est peu. Et c’est la réalité de beaucoup de recruteurs la première année. Il faut l’accepter et avoir de la trésorerie d’avance pour tenir.
Scénario 2 — Le recruteur confirmé en rythme de croisière (année 2-3)
Profil : recruteur spécialisé dans un secteur, réseau commercial en place, mix de missions au succès et en TJM.
- 12 missions au succès dont 6 placements réussis
- Postes de cadres (salaire moyen 55 000 €, taux 18 %)
- Honoraire moyen par placement : 9 900 €
-
- 40 jours de RPO/sourcing à 500 €/jour
Chiffre d’affaires annuel : 59 400 € (succès) + 20 000 € (TJM) = 79 400 €
En SASU, après rémunération + charges sociales + frais : environ 45 000 – 50 000 € net
C’est un revenu comparable à un bon poste de consultant senior en cabinet, avec la liberté en plus.
Scénario 3 — L’expert spécialisé au sommet (5+ ans)
Profil : expert reconnu dans sa niche (par exemple : supply chain & logistique, comme votre serviteur), solide réputation, clients récurrents, capacité à traiter des postes de direction.
- 15 missions au succès dont 9 placements
- Mix de postes cadres et direction (salaire moyen 72 000 €, taux 20 %)
- Honoraire moyen par placement : 14 400 €
-
- 30 jours de RPO / conseil à 650 €/jour
-
- revenus complémentaires (formation, conseil RH) : 10 000 €
Chiffre d’affaires annuel : 129 600 € + 19 500 € + 10 000 € = 159 100 €
En SASU optimisée (mix salaire + dividendes) : environ 85 000 – 100 000 € net
Ce scénario est atteignable, mais il demande des années de travail, un réseau solide et une vraie spécialisation sectorielle.
Synthèse : le tableau comparatif
| Année 1 | Année 2-3 | Expert (5+ ans) | |
|---|---|---|---|
| CA annuel | 25 000 – 45 000 € | 60 000 – 100 000 € | 120 000 – 200 000 € |
| Nombre de placements | 3-5 | 6-10 | 9-15 |
| Honoraire moyen / placement | 6 000 – 9 000 € | 8 000 – 12 000 € | 12 000 – 20 000 € |
| Revenu net estimé | 18 000 – 30 000 € | 40 000 – 60 000 € | 80 000 – 120 000 € |
| Équivalent salaire brut* | 25 000 – 38 000 € | 52 000 – 78 000 € | 105 000 – 155 000 € |
*Pour comparer avec un poste salarié, multiplier le net par environ 1.3 pour obtenir l’équivalent brut avec charges patronales.
Ce que vous gardez vraiment : simulation par statut juridique
C’est ici que la plupart des articles s’arrêtent. Moi, je vais plus loin : voici ce que vous gardez réellement selon votre statut, à partir d’un même chiffre d’affaires de 80 000 € HT (scénario réaliste en année 2-3).
Simulation à 80 000 € de CA
En micro-entreprise :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 80 000 € |
| Cotisations sociales (21,2 %) | – 16 960 € |
| CFP (contribution formation) | – 176 € |
| Revenu avant IR | 62 864 € |
| Impôt sur le revenu (estimation TMI 30 %, abattement 34 %) | – 9 250 € environ |
| Revenu net après impôts | ≈ 53 600 € |
Problème : à 80 000 €, vous dépassez le seuil de la micro-entreprise (77 700 €). Vous devez changer de statut. Et surtout, vous ne déduisez aucune charge professionnelle (LinkedIn Recruiter à 140 €/mois, déplacements, repas clients, matériel, expert-comptable…).
En SASU (rémunération 100 % salaire) :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 80 000 € |
| Charges déductibles (outils, déplacements, comptable, etc.) | – 8 000 € |
| Résultat avant rémunération | 72 000 € |
| Salaire brut versé | 55 000 € |
| Charges patronales (~45 %) | – 24 750 € |
| Charges salariales (~22 %) | – 12 100 € |
| Salaire net versé | ≈ 42 900 € |
| IS sur bénéfice résiduel | ~2 500 € |
| Revenu net total | ≈ 45 000 – 48 000 € |
En SASU, vous payez plus de charges sociales, mais vous bénéficiez d’une couverture sociale de salarié (retraite, prévoyance) et vous déduisez tous vos frais professionnels.

En SASU optimisée (salaire + dividendes) :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 80 000 € |
| Charges déductibles | – 8 000 € |
| Salaire brut versé (modéré) | 36 000 € |
| Charges sociales sur salaire | – 24 300 € |
| IS sur bénéfice restant (15 %) | – 1 800 € |
| Dividendes nets (après flat tax 30 %) | + 7 560 € |
| Salaire net | + 28 000 € |
| Revenu net total | ≈ 49 000 – 52 000 € |
L’optimisation salaire/dividendes permet de gagner quelques milliers d’euros supplémentaires, mais attention : des dividendes trop élevés réduisent vos cotisations retraite. C’est un arbitrage à discuter avec votre expert-comptable.
En portage salarial :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 80 000 € |
| Frais de gestion portage (8 %) | – 6 400 € |
| Base de calcul | 73 600 € |
| Charges patronales + salariales (~55 % au total) | – 40 480 € |
| Salaire net versé | ≈ 33 000 – 36 000 € |
Le portage est le plus coûteux des statuts. Vous y perdez environ 15 000 € par an par rapport à une SASU bien gérée. L’avantage : zéro administratif et droits au chômage conservés.
Verdict : quel statut rapporte le plus ?
À 80 000 € de CA, le classement est clair :
- SASU optimisée : ~50 000 € net → le meilleur rapport revenus/protection
- Micro-entreprise : ~53 600 € net mais impossible au-delà de 77 700 € et pas de déduction de charges
- SASU 100 % salaire : ~46 000 € net → bonne protection sociale
- Portage salarial : ~35 000 € net → pratique mais cher
Pour les détails sur le choix du statut, consultez notre guide complet pour devenir recruteur indépendant.
Les revenus cachés (et les coûts cachés)
Ce que personne ne vous dit sur les revenus
Le délai de paiement est votre ennemi. Entre le moment où vous prenez une mission au succès et le moment où l’argent arrive sur votre compte, il se passe en moyenne 3 à 5 mois :
- Mois 1-2 : sourcing et présentation des candidats
- Mois 2-3 : entretiens client, process de sélection
- Mois 3 : proposition et acceptation du candidat
- Mois 3-4 : facturation à l’embauche
- Mois 4-5 : délai de paiement client (30-60 jours)
Certains clients ne paient pas avant la fin de la période d’essai. Dans ce cas, ajoutez 3 à 6 mois supplémentaires. C’est un cauchemar de trésorerie si vous n’êtes pas préparé.
Les missions fantômes dévorent votre temps. Un prospect vous contacte, vous briefez, vous commencez à sourcer… et plus de nouvelles pendant 3 semaines. Relance. « Ah oui, finalement le poste est en stand-by. » Vous venez de perdre 2 à 3 jours de travail effectif. Multipliez par 10 dans l’année et c’est presque un mois de travail non rémunéré.
La saisonnalité impacte vos revenus. Le recrutement a un rythme cyclique bien connu : très actif de janvier à juin et de septembre à novembre, quasi mort en août et ralenti en décembre. Vos revenus suivront cette courbe, avec des mois à 15 000 € et des mois à zéro.
Les coûts réels à anticiper
| Poste de dépense | Coût mensuel estimé | Coût annuel |
|---|---|---|
| LinkedIn Recruiter Lite | 140 € | 1 680 € |
| Outil de prospection (Waalaxy, Kaspr) | 50 – 100 € | 600 – 1 200 € |
| ATS / CRM | 0 – 80 € | 0 – 960 € |
| Expert-comptable (SASU) | 150 – 250 € | 1 800 – 3 000 € |
| Assurance RC Pro | 25 – 50 € | 300 – 600 € |
| Téléphone + internet pro | 50 € | 600 € |
| Frais de déplacement | 100 – 300 € | 1 200 – 3 600 € |
| Coworking (optionnel) | 200 – 400 € | 2 400 – 4 800 € |
| Formation continue | Variable | 500 – 2 000 € |
| TOTAL | 715 – 1 450 €/mois | 9 080 – 18 440 €/an |
Comptez entre 9 000 et 18 000 € de frais professionnels par an. En micro-entreprise, vous ne pouvez pas les déduire. En SASU, oui, ce qui réduit votre base imposable.
Comparaison : recruteur indépendant vs salarié
Pour savoir si le jeu en vaut la chandelle, comparons un recruteur indépendant confirmé à un consultant en cabinet salarié de niveau équivalent.
| Consultant cabinet (salarié) | Recruteur indépendant | |
|---|---|---|
| Salaire brut annuel | 48 000 € (fixe + variable) | — |
| CA annuel | — | 80 000 € |
| Net annuel (après tout) | ~37 000 € | ~48 000 € (SASU) |
| Congés payés | 5 semaines garanties | À vous de les prendre (et de les financer) |
| Sécurité de l’emploi | CDI protégé | Aucune |
| Couverture chômage | Oui | Non (sauf portage) |
| Mutuelle | Prise en charge employeur | À votre charge (~80 €/mois) |
| Tickets resto, CE, primes | Oui | Non |
| Liberté de choix des missions | Limitée | Totale |
| Plafond de revenus | Plafonné par la grille | Illimité |
Le calcul brut montre que le recruteur indépendant gagne davantage — environ 30 % de plus dans ce scénario. Mais ce surplus compense l’absence de congés payés, de sécurité de l’emploi et de couverture chômage. C’est un arbitrage personnel.
Pour être honnête : le vrai gain financier de l’indépendance n’apparaît clairement qu’à partir de 100 000 € de CA annuel. En dessous, c’est davantage un choix de vie qu’un choix financier.

Comment maximiser ses revenus : 7 leviers concrets
Après 15 ans d’activité, voici ce qui fait vraiment la différence sur le compte en banque.
1. Spécialisez-vous dans une niche à forte valeur ajoutée. Les recruteurs spécialisés en cybersécurité, en data, en supply chain senior ou en direction industrielle facturent 20-25 %, là où un généraliste négocie péniblement du 15 %. La spécialisation justifie le prix et réduit la concurrence.
2. Négociez des acomptes systématiquement. Même 1 000 €, c’est 1 000 € de moins à financer en trésorerie. Et ça filtre les clients pas sérieux. J’estime que cette simple habitude m’a fait gagner 10 à 15 000 € par an en évitant les missions « fantômes ».
3. Développez des clients récurrents. Un client qui vous confie 5 missions par an, c’est un revenu quasi prévisible. Investissez dans la relation, livrez un service irréprochable, et vos clients reviendront — et vous recommanderont.
4. Combinez les modèles de facturation. Ne soyez pas 100 % au succès. Intégrez du TJM (missions RPO) et du forfait pour stabiliser votre trésorerie. Mon ratio idéal : 60 % succès, 30 % TJM, 10 % conseil/formation.
5. Augmentez votre taux de transformation. La meilleure façon de gagner plus n’est pas de prendre plus de missions — c’est de réussir un plus grand pourcentage de celles que vous prenez. Soyez sélectif dans les missions que vous acceptez : un bon brief, un client réactif, un vrai budget, une vraie urgence. Dites non aux missions bancales.
6. Montez en gamme progressivement. Plus les postes que vous recrutez sont seniors, plus vos honoraires sont élevés. Un placement de directeur à 100K rapporte autant que 3 placements de cadres intermédiaires — pour un temps de sourcing souvent comparable. Visez les postes de management et de direction dès que votre réseau le permet.
7. Créez des revenus complémentaires. Formation au recrutement, coaching de managers sur les entretiens, conseil en structuration RH, création de contenu — votre expertise peut se monétiser de multiples façons au-delà du placement pur.
Questions fréquentes sur le salaire du recruteur indépendant
Quel est le TJM moyen d’un recruteur indépendant ?
Le TJM moyen se situe entre 400 et 600 € par jour pour un recruteur confirmé. Les experts spécialisés dans des niches en tension (IT, cybersécurité, data) ou sur des postes de direction peuvent facturer 700 à 1 000 € par jour. Les profils juniors (1-3 ans d’expérience) démarrent plutôt entre 250 et 400 €.
Combien gagne un recruteur indépendant par mois ?
En moyenne, un recruteur indépendant confirmé (2-3 ans d’activité) génère entre 5 000 et 8 000 € de CA mensuel, soit environ 3 500 à 5 000 € net. Mais attention : la réalité est très irrégulière. Certains mois à 15 000 €, d’autres à zéro. Il faut raisonner en moyenne annuelle, pas en mois.
Peut-on vivre du recrutement indépendant dès la première année ?
C’est possible mais difficile. La plupart des recruteurs qui réussissent leur première année avaient soit une trésorerie d’avance (6-9 mois), soit des droits au chômage (via une rupture conventionnelle), soit des premiers clients déjà identifiés avant de se lancer. Se lancer sans filet financier est le risque numéro un d’échec.
Le portage salarial est-il un bon choix financièrement ?
Le portage salarial est le statut le plus coûteux : entre les frais de gestion (8-15 %) et les charges sociales complètes, vous conservez environ 45 % de votre CA. C’est 10 à 15 points de moins qu’en SASU. En revanche, vous conservez vos droits au chômage et n’avez aucune gestion administrative. C’est un bon choix de transition, pas un choix optimal à long terme.
Comment facturer plus cher en tant que recruteur freelance ?
Trois leviers principaux : la spécialisation sectorielle (un expert vaut plus qu’un généraliste), la montée en gamme (recruter des directeurs plutôt que des cadres intermédiaires), et la preuve sociale (témoignages clients, contenu LinkedIn, réputation dans votre niche). Les recruteurs qui publient régulièrement du contenu expert sur LinkedIn négocient en moyenne 15 à 20 % de plus que ceux qui restent invisibles.
Faut-il déclarer la TVA en tant que recruteur indépendant ?
En micro-entreprise, vous êtes exonéré de TVA en dessous du seuil de 36 800 € de CA (seuil de base) et 39 100 € (seuil majoré) en 2025. Au-delà, ou si vous êtes en SASU/EURL, vous facturez la TVA à 20 %. Concrètement, ça ne change pas votre revenu net (la TVA est collectée puis reversée), mais ça peut être un argument commercial auprès des entreprises clientes qui la récupèrent.
Ce qu’il faut retenir
Devenir recruteur indépendant peut être très rémunérateur, mais pas tout de suite, et pas sans effort. Les chiffres réalistes, les voici :
- Année 1 : 25 000 à 45 000 € de CA. Période d’investissement, pas de rentabilité.
- Année 2-3 : 60 000 à 100 000 € de CA. Le rythme de croisière s’installe.
- Année 5+ : 120 000 € et plus pour ceux qui se spécialisent et construisent un réseau solide.
Le facteur numéro un de réussite financière ? La spécialisation. Le facteur numéro un d’échec ? Le manque de trésorerie au démarrage.
Si vous envisagez de vous lancer, commencez par lire notre guide complet pour devenir recruteur indépendant et notre article sur les compétences nécessaires. Et si vous cherchez les bons outils pour démarrer, consultez notre comparatif des meilleurs outils du recruteur.
Article rédigé par Yann, fondateur d’Amalo, recruteur indépendant depuis plus de 15 ans en logistique, supply chain et industrie. Les chiffres et simulations présentés dans cet article sont basés sur mon expérience réelle et les données du marché en 2025. Ils ne constituent pas un conseil fiscal — consultez votre expert-comptable pour une simulation adaptée à votre situation.
Questions fréquentes sur le salaire du recruteur indépendant
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