En une semaine, mon équipe et moi contactons plusieurs centaines de candidats. Pas un par un, le soir, en abandonnant au bout du trentième profil. Avec un outil d’automatisation branché sur LinkedIn, et un paramétrage que j’ai affiné au fil des années.
Je recrute depuis plus de quinze ans dans l’industrie et la logistique, et si je devais résumer le problème du sourcing pour un recruteur indépendant, ce ne serait pas de trouver les profils. Les profils sont là, sur LinkedIn, tous. Le problème, c’est le volume de contact que personne ne peut tenir à la main quand on gère ses missions, ses clients, sa facturation et sa prospection en même temps.
C’est exactement ce que Waalaxy automatise, et c’est pour cette raison que je l’utilise depuis très longtemps, avant même que l’outil porte ce nom. Cet article reprend et complète la vidéo que j’ai tournée sur le sujet : l’avis complet, les trois défauts que je trouve à l’outil, et surtout le réglage que presque personne ne montre.
La vidéo : démonstration à l’écran
Dans la vidéo ci-dessous, je montre directement à l’écran le paramétrage de mon compte, les séquences que j’utilise au quotidien et les quotas que j’applique pour rester sous les radars de LinkedIn. Si vous êtes du genre à vouloir voir les écrans plutôt que les lire, commencez par là.
Le sourcing, ce gouffre du recruteur indépendant
Quand on se lance en indépendant, le sourcing devient un gouffre sur trois plans.
Un gouffre financier d’abord, parce qu’il faut payer chaque mois des licences, des jobboards, des bases de CV, sans savoir vraiment ce qui produit du résultat. Un gouffre en temps ensuite, parce qu’on passe des heures à rédiger des annonces auxquelles, la moitié du temps, personne ne répond. Un gouffre en énergie enfin, parce qu’on qualifie des candidats qui ne rappelleront jamais.
Reste alors la solution manuelle : ouvrir LinkedIn le soir et envoyer des messages un par un. Ça marche, mais ça ne tient pas dans la durée. On abandonne toujours, parce qu’on a clairement autre chose à faire.
L’automatisation ne règle pas tout, mais elle règle précisément ce point-là : le volume.

Ce que Waalaxy fait mal, et il faut le dire
Avant de vous vendre l’outil, autant être honnête sur ce qu’il ne fait pas, ou fait mal. Waalaxy n’est pas parfait, et quiconque prétend le contraire vous vend du rêve.
Le cold email est faible. C’est une option arrivée tardivement, qui permet de faire un peu d’emailing à froid, mais on est très loin d’outils spécialisés comme Brevo ou Lemlist. Si votre canal principal, c’est l’email en masse, passez votre chemin et allez directement voir un logiciel d’emailing dédié.
Le CRM est basique. Basique, et surtout pas adapté au recrutement. Il ne fait pas avancer un pipeline candidat, il ne permet pas un suivi sérieux des profils dans un process. Ce n’est pas là que l’outil sort du lot, loin de là.
LinkedIn n’aime pas l’automatisation. C’est le vrai risque, celui sur lequel il faut être vigilant. Au premier écart, LinkedIn peut vous stopper net. C’est ce qui arrive très souvent à ceux qui débutent sur ce type d’outil : mal réglé, on prend un avertissement, voire un bannissement. J’ai vu le cas chez plusieurs collaborateurs.
Malgré ces trois défauts, c’est l’outil que je recommande systématiquement à un recruteur qui démarre son sourcing, parce que ce qu’il fait bien, il le fait mieux que les autres, et sans commune mesure.
Comment je l’utilise concrètement
Étape 1 : connecter le compte
On part de zéro. On crée son compte, puis on le connecte à son compte LinkedIn. C’est ce compte qui devient le vivier de candidats, la force vive qui permet de satisfaire les clients.
Étape 2 : choisir la bonne séquence
Il existe de nombreuses séquences, des plus simples aux plus complexes : demande de connexion seule, visite puis invitation, arborescences avec relances conditionnelles.
Personnellement, je préfère les plus simples, pour deux raisons.
La première, c’est que les candidats en ont assez d’être harcelés par des séquences automatisées à rallonge. La seconde est beaucoup plus pragmatique : vous allez recevoir des vagues de réponses auxquelles il faudra répondre derrière. Si le paramétrage est mal fait, ça devient vite un bourbier. Huit cents personnes qui répondent en même temps et qui posent toutes la même question, c’est une catastrophe à gérer. Paramétrez donc proprement, et ne vous embarquez pas dans des séquences ambitieuses dès le départ.
Étape 3 : écrire le message, là où se font les plus grosses erreurs
C’est l’étape où les jeunes recruteurs se plantent le plus. La tentation est toujours de déballer toute l’offre d’emploi dès le premier message. C’est une erreur.
Je recommande un message court, synthétique, qui va droit au but et qui s’intéresse au candidat. Attention aussi au ciblage : on n’envoie pas une offre de technicien de maintenance à un directeur industriel, ni une offre de développeur à un DSI.
Les candidats scrollent vos messages sur leur smartphone. Ils ne liront jamais un pavé. Un message, un objectif, et on s’arrête là. C’est à cette condition que les réponses deviennent qualifiées, et qu’on ne discute qu’avec des candidats intéressants et intéressés.
Le réglage qui sépare un compte qui tient d’un compte qui saute
Voilà le point le plus important de cet article, et celui que je montre à l’écran dans la vidéo.
La plupart des comptes de recruteurs débutants se font bloquer dans les dix jours qui suivent leur première campagne. La raison est presque toujours la même : LinkedIn détecte un passage brutal de zéro à cent cinquante contacts par jour, et il déteste ça.
Deux réglages permettent d’éviter le problème, dans les paramètres, à la rubrique activité du compte.
Les créneaux et les jours d’activité. Chez moi, l’outil travaille du lundi au vendredi sur des horaires classiques de bureau, autour de huit heures par jour selon les jours, et le week-end sur une plage courte en soirée, comme si je reprenais un peu le travail après avoir fait manger les enfants. L’idée est simple : votre activité doit ressembler à celle d’un humain qui utilise LinkedIn, pas à celle d’un robot qui tourne en continu.
Les quotas quotidiens maximum. C’est là qu’il faut être le plus vigilant. La tentation est de tout mettre au maximum et de bombarder. Depuis des années, je fais l’inverse : je descends volontairement les quotas de quelques unités sur chaque action, juste assez pour que LinkedIn n’ait pas l’impression que je tape son plafond tous les jours. Deux ou trois de moins par séquence, et le comportement redevient naturel.
Ce réglage se fait le jour un, avant la première campagne. C’est la seule chose qui sépare un compte qui tient dans la durée d’un compte qui saute.

Est-ce que c’est pour vous ?
Soyons clairs.
Si vous recrutez des profils que vous trouvez sur LinkedIn, si vous passez vos soirées à envoyer des messages un par un à la main, si votre base de contacts n’est pas assez riche ou si vous n’arrivez pas à pourvoir assez vite les postes de vos clients, alors oui, c’est l’outil qu’il vous faut. Il ne remplacera jamais un consultant ni le travail de sourcing lui-même, mais il décuple la vitesse d’exécution et le nombre de candidats avec lesquels vous entrez en contact.
En revanche, si vous recrutez des profils qui ne sont pas présents sur LinkedIn, ou si votre canal principal reste l’email en masse, passez votre chemin. D’autres outils feront mieux le travail, et j’y reviendrai dans d’autres contenus.
Tester sans sortir sa carte bancaire
Le meilleur argument, c’est qu’il n’y a rien à avancer pour se faire une idée. Le plan gratuit suffit largement à lancer une première campagne de sourcing et à voir si la mécanique fonctionne dans votre contexte.
Et si vous décidez de passer à l’abonnement, le lien ci-dessous vous donne deux mois offerts sur votre premier abonnement.
Testez, appliquez le réglage des quotas dès le premier jour, et faites-vous votre propre avis.
Questions fréquentes
Est-ce qu’on risque vraiment de se faire bannir de LinkedIn ? Le risque existe, il est réel, et il concerne surtout les comptes neufs qui démarrent trop fort. En limitant les volumes quotidiens et en cantonnant l’activité à des créneaux réalistes, le risque devient très faible. C’est le sens du réglage détaillé plus haut.
Est-ce que ça remplace un logiciel de recrutement ? Non. Le CRM intégré n’est pas conçu pour le recrutement et ne suit pas un pipeline candidat. Il faut le voir comme un outil de mise en relation à grande échelle, pas comme un ATS.
Combien de temps avant les premiers retours ? Cela dépend de la qualité du ciblage et du message bien plus que de l’outil. Un message court, spécifique et adressé au bon profil produit des réponses dès les premières campagnes. Un pavé générique envoyé à un ciblage large ne produira rien, quel que soit le volume.
Faut-il un compte LinkedIn premium ? Non pour démarrer. En revanche, plus votre recherche de profils sera fine, plus les outils de recherche avancée de LinkedIn feront la différence sur la qualité du ciblage.
