Vous cherchez un expert en cybersécurité depuis des mois sans succès ? Vous n’êtes pas seul. En 2025, recruter dans la cybersécurité est devenu l’un des défis RH les plus complexes du marché français. Entre pénurie massive de talents, guerre des salaires et candidats ultra-sollicités, les entreprises peinent à attirer et retenir les profils dont elles ont besoin.
Pourtant, des solutions existent. Dans cet article, nous analysons pourquoi le recrutement en cybersécurité est si compliqué et surtout, comment adapter votre stratégie pour réussir malgré tout.
Un marché de l’emploi en tension extrême
La France compte actuellement 45 000 professionnels de la cybersécurité. Le problème ? D’ici 2028, nous aurons besoin de 70 000 spécialistes selon l’OPIIEC. Cela représente 25 000 nouveaux postes à créer dans les trois prochaines années, alors que 15 000 à 20 000 postes restent déjà vacants aujourd’hui.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre d’offres d’emploi en cybersécurité a bondi de 49% entre 2019 et 2024. Dans le même temps, 69% des professionnels du secteur déclarent avoir été contactés par un recruteur au cours de l’année écoulée. Cette tension s’explique par plusieurs facteurs convergents.
D’abord, l’explosion des besoins. Les nouvelles réglementations comme NIS2, DORA et le RGPD imposent des exigences de sécurité toujours plus strictes. Les technologies émergentes (cloud, IA, IoT) créent de nouvelles vulnérabilités. Résultat : 67% des entreprises françaises ont été victimes d’une cyberattaque en 2024, et les directions générales prennent enfin le sujet au sérieux.
Ensuite, la formation ne suit pas le rythme. Près de 47% des offres d’emploi exigent un niveau Bac+5, mais 40% des professionnels actuellement en poste n’ont ni diplôme ni certification spécifique en cybersécurité. Les écoles peinent à suivre l’évolution rapide des menaces, et le délai entre formation et compétence opérationnelle reste long.
Enfin, la guerre des talents fait rage. Les GAFAM, les banques et les grandes ESN s’arrachent les meilleurs profils à coups de packages salariaux agressifs. Les candidats, ultra-sollicités, prennent leur temps et n’hésitent pas à faire jouer la concurrence. Recruter un expert en cybersécurité prend désormais entre six et neuf mois en moyenne, quand on y parvient.
Les profils les plus difficiles à recruter
Le marché ne réagit pas de manière uniforme. Certains métiers sont particulièrement en tension. Les architectes cybersécurité représentent aujourd’hui 21% des offres d’emploi, un record. Ces profils seniors qui structurent la sécurité dès la conception des systèmes sont rares et très courtisés. Le délai moyen de recrutement peut atteindre douze mois.
Les ingénieurs spécialisés en cloud security connaissent une demande en hausse de 25% en 2025. La migration massive des infrastructures vers AWS, Azure ou GCP crée un besoin urgent de professionnels capables de sécuriser ces environnements. Le problème ? Cette double compétence cloud et sécurité reste rare sur le marché.

Les pentesters et hackers éthiques voient également leur cote exploser, notamment avec l’obligation de tests d’intrusion imposée par NIS2. Ces profils au mindset offensif et à la rigueur méthodologique sont très demandés, avec des salaires qui peuvent dépasser de 20 à 30% ceux de l’IT classique.
Du côté du management, les RSSI et CISO restent extrêmement difficiles à trouver. Ces profils qui combinent vision stratégique, expertise technique et connaissance de la conformité sont des oiseaux rares. La demande a progressé de 11% en 2025, et les délais de recrutement dépassent souvent neuf mois.
Enfin, les analystes SOC, bien que plus accessibles en termes de niveau d’expérience requis, souffrent d’un turnover élevé. Les horaires en shift et la pression opérationnelle rendent ces postes moins attractifs sur le long terme.
La question épineuse de la rémunération
Parlons argent. Beaucoup d’entreprises sous-estiment encore les salaires du marché cybersécurité. Une offre à 40K€ pour un poste qui en vaut 55K€ ne génère aucune candidature qualifiée. Un budget bloqué à 70K€ pour un RSSI condamne le processus à durer dix-huit mois, voire à échouer.
Les fourchettes réalistes pour 2025 montrent l’ampleur du défi. Un analyste SOC junior démarre entre 35 000 et 42 000 euros, un ingénieur cybersécurité entre 38 000 et 48 000 euros. Pour les profils confirmés de trois à sept ans d’expérience, comptez entre 50 000 et 70 000 euros pour un consultant, et 55 000 à 75 000 euros pour un architecte. Les RSSI seniors dépassent largement les 80 000 euros, avec des packages qui peuvent atteindre 120 000 euros dans les grandes structures.
Ces chiffres varient fortement selon la géographie, le secteur d’activité et les certifications détenues. Pour comprendre tous les paramètres qui influencent la rémunération en cybersécurité et connaître les grilles détaillées par poste, nous avons publié un guide complet : « Les salaires dans la cybersécurité : entre Mythe et Réalité ». Vous y trouverez les vraies fourchettes 2025, les facteurs différenciants et comment construire un package compétitif.
Au-delà du salaire brut, n’oubliez pas le package global. Le télétravail deux à quatre jours par semaine est devenu un argument massue. Un budget formation annuel de 3 000 à 5 000 euros pour financer des certifications fait la différence. Les variables et primes, à condition que les objectifs soient clairs et atteignables, complètent l’offre. Enfin, la qualité des projets et la modernité de la stack technique pèsent autant que la rémunération dans la décision finale du candidat.
Les erreurs qui tuent vos recrutements
La première erreur consiste à créer des fiches de poste irréalistes. Chercher un profil junior avec cinq ans d’expérience, expert en pentest, forensics, architecture cloud et conformité pour 38K€, c’est la garantie de ne trouver personne. Les compétences pointues s’acquièrent avec le temps et se paient en conséquence. Priorisez trois compétences essentielles, acceptez de former sur le reste et ajustez vos attentes salariales à la réalité du marché.
La deuxième erreur porte sur la durée du processus. Six entretiens, deux tests techniques, des délais de réponse de trois semaines entre chaque étape… Pendant ce temps, votre candidat accepte ailleurs. Dans un marché où les profils reçoivent trois à cinq approches par semaine, la rapidité devient un avantage concurrentiel. Limitez-vous à trois ou quatre étapes maximum et donnez une réponse définitive en moins d’un mois.
Troisième piège : recruter en cybersécurité comme on recrute en IT classique. Les communautés sont différentes, les canaux de sourcing aussi. Les professionnels de la cybersécurité fréquentent des événements spécialisés comme le FIC, SSTIC ou HackInParis. Ils sont actifs sur Twitter et LinkedIn, mais avec des codes qui leur sont propres. Poster une annonce sur Indeed ne suffit pas. Il faut aller chercher les candidats là où ils sont.
Quatrième erreur : ignorer le marché caché. Une donnée cruciale : 56% des professionnels en cybersécurité ont été recrutés via le réseau ou l’approche directe, pas via des annonces classiques. Cela signifie que plus de la moitié des talents ne passent jamais par les job boards traditionnels. L’approche directe sur LinkedIn, l’activation de votre réseau et le recours à des cabinets de recrutement spécialisés en cybersécurité deviennent indispensables.
Enfin, cinquième erreur : négliger la marque employeur. Un candidat en cybersécurité évalue votre stack technique. Des technologies obsolètes sont un repoussoir. Il regarde la nature des projets : de la pure maintenance sans innovation ne fait pas rêver. Il s’interroge sur votre culture sécurité : la direction croit-elle vraiment en la cybersécurité ou est-ce juste de la conformité ? Il veut savoir s’il pourra apprendre et évoluer au contact d’une équipe compétente.

Les stratégies gagnantes pour recruter malgré tout
Face à cette situation, des solutions existent. La première consiste à élargir votre sourcing. Ne vous limitez pas aux diplômés en cybersécurité. Les reconversions professionnelles représentent 50% des effectifs actuels du secteur. Un administrateur système qui monte en compétences, un développeur qui s’oriente vers le DevSecOps, un auditeur IT qui se spécialise en conformité : autant de profils à considérer. D’ailleurs, 64% des professionnels de la cybersécurité estiment que leur métier est ouvert aux reconversions.
La formation interne offre un excellent retour sur investissement. Recruter un expert prend neuf mois et coûte 80 000 euros. Former un bon administrateur système prend six mois, nécessite 10 000 euros de certifications et une augmentation salariale de 15 000 euros. Le calcul est vite fait, et vous fidélisez en prime vos talents existants.
L’onboarding mérite une attention particulière. Dans certaines équipes SOC, le turnover atteint 30 à 40% la première année. La cause ? Des missions différentes de ce qui avait été vendu, un environnement technique décevant, un manque d’accompagnement ou une charge de travail irréaliste. Un onboarding structuré sur trois mois avec un mentor dédié, des objectifs progressifs et un budget formation garanti changent la donne.
La rétention doit également devenir une priorité. Remplacer un expert coûte entre 150 et 200% de son salaire annuel. Offrez une évolution de carrière claire, technique ou managériale. Maintenez un budget formation annuel. Proposez des projets variés et stimulants. Permettez la participation à des conférences. Et surtout, révisez régulièrement la rémunération sans attendre qu’une offre externe arrive.
Enfin, le recours au freelance ou au conseil peut résoudre des besoins ponctuels. Pour un audit, un pentest ou une mise en conformité, un expert indépendant apporte une expertise immédiate sans engagement long terme. Le coût horaire, entre 500 et 1 500 euros par jour, se justifie si le besoin est temporaire.
Ce qu’il faut retenir
La pénurie de talents en cybersécurité est structurelle. Avec 15 000 postes non pourvus aujourd’hui et 25 000 créations prévues d’ici 2028, il faut adapter sa stratégie de recrutement en profondeur. Les méthodes classiques ne fonctionnent plus.
Le marché caché domine. Plus de la moitié des recrutements se font via le réseau et l’approche directe. Compter uniquement sur les job boards est une impasse. Il faut aller chercher les candidats de manière proactive.
Le package global fait toute la différence. Au-delà du salaire, les projets proposés, la stack technique, le budget formation et les conditions de télétravail pèsent lourd dans la décision. Pour connaître les vraies grilles de rémunération et éviter de sous-évaluer vos offres, consultez notre article détaillé : « Les salaires dans la cybersécurité : entre Mythe et Réalité ».
Trois conseils finaux pour réussir vos recrutements cyber. Soyez réaliste sur vos attentes et votre budget dès le départ. Accélérez vos processus : dans un marché tendu, la vitesse est un avantage compétitif. Et n’hésitez pas à vous faire accompagner par des spécialistes : le coût d’un recrutement raté dépasse largement les honoraires d’un cabinet expert.
